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Rencontre économique d’Aix-en-Provence : « … de la désintégration de l’Euro puis de celle de l’Europe ».
Il y avait beaucoup de monde le week-end dernier aux Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence organisées par Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Économistes. Cet événement est souvent présenté comme « le Davos français ». Le plateau des intervenants mélange de grands chefs d’entreprise, des hommes politiques, des représentants de grandes institutions internationales et des universitaires du monde entier,. Voilà les principales idées que l’on peut retenir des débats :
L’Europe est engagée dans un cercle vicieux pour Nouriel Roubini de Stern School New York. Le très médiatique économiste, qui passe régulièrement en boucle sur Bloomerg TV et CNBC n’a pas fait dans la nuance. La première route possible pour l’Europe c’est l’union fiscale, puis l’union bancaire et très vite l’union politique. La deuxième route c’est celle de la désintégration de l’Euro puis de celle de l’Europe. C’est selon lui la plus probable aujourd’hui. Confrontée à une triple crise : crise de dette souveraine, crise de dette bancaire et crise de compétitivité, l’Europe ne possède pas de mécanismes d’ajustement comme les dévaluations pour compenser les différences de compétitivité entre pays. Si la BCE a fourni de la liquidité pour éviter le blocage complet du système financier, cela ne peut être que temporaire pour Benoit Cœuré économiste Membre du Conseil Exécutif de la BCE.
L’Europe est dans l’improvisation permanente pense Peter Sloterdijk, le grand philosophe allemand. « Palais de Cristal » son dernier livre est une histoire de la modernité, métaphore de la clôture sur eux-mêmes des nantis occidentaux. Le palais de cristal est menacé, comme l’Europe, car il n’arrive pas à mettre au point des politiques démocratiques de “recharge d’énergie”. Les rythmes de la réflexion démocratique sont bafoués. Il y a un manque de contact extraordinaire entre les dirigeants de l’Europe et les opinions publiques. La temporalité de la réflexion ne colle pas avec la temporalité de la décision.
En écoutant Cecilia Malmström, une suédoise Commissaire européen chargée de la police, du contrôle des frontières et des migrations, on pouvait comprendre pourquoi les opinions publiques ont du mal à comprendre ce qui se passe à Bruxelles. Sans aucune nuance, sur le sujet de l’immigration, elle a déclaré que « nous avons besoin de faire venir des millions de gens qui ne se trouvent pas en Europe », et ensuite « le printemps arabe a montré que le modèle européen était attractif »… On avait envie de lui conseiller de relire Le Camp des Saints de Jean Raspail. Ce roman-brûlot paru en 1973, raconte l’arrivée d’un million d’immigrants africains sur les côtes européennes.
Un économiste réputé défend la sortie de la Grèce de l’euro.
L’économiste Nouriel Roubini, célèbre pour avoir prédit la crise financière, plaide pour une «sortie négociée» de la Grèce de la zone euro, un moindre mal selon lui.
«Sauver la Grèce sera très difficile, une sortie ordonnée de la zone euro serait une meilleure solution». L’économiste américain Nouriel Roubini, surnommé «Mr Doom» (Monsieur Apocalypse) pour avoir annoncé la crise financière dès 2005-2006, en est convaincu: pour la Grèce, quitter la zone euro et adopter la drachme est le seul moyen de retrouver la croissance.
L’oracle de l’université de New York était, ce mardi, l’une des vedettes du forum économique d’Astana, conférence que le Kazakhstan vante comme le «Davos de l’Asie centrale». Devant une salle comble, Roubini a expliqué qu’en Europe, existe «une lassitude face à l’austérité» dont le résultat de l’élection présidentielle française est un signe selon lui.
Parallèlement, en Allemagne ou en Autriche, il y a une «lassitude des plans de soutien» à la Grèce où s’impose la volonté de laisser Athènes retrouver la drachme. «Si à l’issue des prochaines élections en Grèce est formé un gouvernement qui n’accepte pas les compromis, alors il faudra que le pays sorte de l’euro», a-t-il déclaré.
Injecter des liquidités dans le moteur économique
Le «grexit» (sortie de la Grèce selon le néologisme anglais en vogue sur le réseau social Twitter) risque de provoquer des dégâts en Grèce et dans toute l’Europe. Mais, pour l’auteur d’«Économie de crise» (paru en France en 2010), maintenir la Grèce dans la zone euro signifierait au moins cinq années de récession supplémentaires. «Les Grecs ne peuvent pas se le permettre».
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Dans les couloirs de la conférence, dont l’un des thèmes de discussion est le concept d’une devise mondiale, l’économiste de New York, patron de Roubini Global Economics, a pu croiser plusieurs Nobel d’économie. Parmi eux, Edward Prescott, lauréat en 2004, pour qui la création de l’euro, entre pays si différents «était une erreur».
Source : Le Figaro





