20130619_1_2_6_1_1_obj4051603_1On commence à l’apercevoir en ville, comme hier, sur le marché. Adrien Mexis, 32 ans. Candidat investi par le Front national pour les élections municipales de 2014, ce Parisien de naissance, Aixois d’adoption, découvre depuis peu la situation locale. Avec la conviction de se placer au-dessus la mêlée. « J’arrive avec la crédibilité de ceux qui n’ont jamais trempé dans les jeux politiques passés. On sent qu’il y a eu des alliances, qu’il y a encore des fâcheries, des amertumes… Nous nous situons en dehors de ce climat-là« , explique ce diplômé de Sciences po, parachuté secrétaire FN de la 13e circonscription. Pour lui, pas d’adversaire désigné dans cette course à la mairie. « On s’attaque à un système« , lance-t-il, estimant qu’ » ici, beaucoup de gens ne se sentent pas représentés. » La présence du FN était donc selon lui indispensable « à Istres, une ville importante, qui plus est sous-préfecture. C’est l’inverse qui n’aurait pas été logique.« 

Et qu’importe si la circonscription est historiquement un bastion rose et rouge. Adrien Mexis sait qu’il peut compter sur le seul nom de Marine Le Pen pour engranger des voix. Dernier exemple en date : les législatives de juin 2012 où Béatrix Espallardo, la candidate FN – une parfaite inconnue en politique – s’était retrouvée au second tour de l’élection face à Gaby Charroux (Front de gauche), le socialiste René Raimondi ayant accepté de se désister.

Une liste d’ouverture

En attendant de construire son projet pour Istres, c’est sa liste que le candidat est en train de constituer. S’il peut s’appuyer sur les contacts du leader historique du FN à Istres, José Rodriguez – qui préfère aujourd’hui rester dans l’ombre – Adrien Mexis devra néanmoins parvenir à rassembler derrière lui 42 colistiers, en tenant compte de la parité hommes-femmes, pour pouvoir se présenter. Mais c’est « confiant » que le jeune homme y travaille, misant sur l’ouverture qu’autorise l’étiquette « Rassemblement bleu marine ». « Il y aura des historiques du Front, mais pas seulement« , prévient Adrien Mexis.

Lui-même n’est d’ailleurs qu’un récent adhérent du Parti de la flamme. Un déçu du sarkozysme pourrait-on dire. Lorsqu’il était étudiant en droit, c’est en effet à l’UMP qu’il militait. Il figurait même en 36e position sur la liste conduite par Jean-François Copé, aux élections régionales de mars 2004. Depuis, Adrien Mexis a laissé tomber la politique « pour trouver du boulot« . Et ce n’est que l’an dernier, choqué par « les connivences de l’UMPS » et « les logiques d’appareils« , que cet administrateur de la Commission européenne a décidé de s’engager à nouveau en politique et s’est alors rapproché de Stéphane Ravier, secrétaire départemental du FN.

Ce dernier est venu présenter son candidat istréen lundi après-midi. « Ce que veut Marine Le Pen, c’est reconstituer un maillage, sur l’ensemble du territoire, avoir une présence frontiste dans les communes pour servir l’intérêt des habitants,déclare-t-il. Nous avons la prétention de pouvoir faire mieux que celles et ceux qui gèrent les villes actuellement. Notre mission, c’est de remporter des mairies. Pourquoi pas celle d’Istres ?« 

Source : La Provence