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Marseille : un réseau de dealers gagnait 111 000 euros par mois

La police marseillaise a mis la main sur un document exceptionnel: la comptabilité d’un caïd local du trafic de stupéfiants, méticuleusement détaillée sur les feuillets d’un petit bloc-notes. Une version simplifiée des livres de comptes d’Al Capone, en somme, découverte dans les parties communes d’un immeuble annexées par les trafiquants, dans la cité de la Visitation, dans les quartiers nord de la Cité phocéenne, là où se multiplient les règlements de comptes à la kalachnikov entre jeunes de 17 à 20 ans.
L’un des points de guet du trafic était visiblement une maternelle. »
Le «bénéfice», inscrit en toutes lettres par ce scribe consciencieux du commerce de cannabis et de cocaïne, dépasse les 100.000 euros par mois. Pour une seule cité! Plus d’un million d’euros d’argent sale par an, empochés «net d’impôts», dans un seul point de vente de la ville. (…)
La demi-douzaine de membres de la bande subvenait aux besoins de familles entières. Le seul «coût de fonctionnement» du réseau s’élevait à 50.000 euros par mois, pour payer les intermédiaires et l’armée des petites mains impliquées dans le trafic. Les seules «nourrices», qui gardent la marchandise, recevaient un vrai salaire de cadre: 19.000 euros à se diviser en quatre. «De quoi ruiner la valeur du travail!», se désole un officier de police des quartiers nord.
(…) Un café servait à passer commande. Une jeune femme de 25 ans alimentait les halls d’immeuble au gré des transactions. Le client n’avait plus qu’à faire un petit crochet en voiture pour payer et être servi.
(…) «La Visitation n’est pas le plus gros point de vente de la ville. Certaines grosses cités font vivre quatre ou cinq lieux de deal similaires.»
Le petit livre de comptes du réseau de la Visitation, à Marseille, n’omet aucun détail. On y décrit la «paye des employés (gérant, vendeur, guetteur)», les frais de «nourriture» et les «arrangements», sous forme de «remises clients», pour un total de 31.200 euros par mois. Les «nourrices» ont perçu, dans le même temps, 19.100 euros, Pour un total de «coût de fonctionnement» du réseau chiffré à 50.300 euros par mois. (…)
Suit un petit calcul d’écolier: «60.000 + 101.250 = 161.250 – 50.300 =110.950 € de bénef par mois».
L’un des points de guet était visiblement une maternelle. Le «guetteur maternelle» touchait, en tout cas, à lui seul, 4 800 euros par mois. Celui d’une «entrée» émargeait, pour sa part, à 6 000 euros, soit 100 euros la demi-journée. Le «vendeur» et le «gérant» n’étaient pas trop gourmands, puisqu’ils ne percevaient «que» 9000 euros.




