L’opposition n’empêche pas la courtoisie, comme l’ont démontré, hier soir, sur France Bleu Creuse en partenariat avec La Montagne, Michel Vergnier (PS) et Martial Maume (FN).

En désaccord sur les thèmes abordés (abattoir halal, aménagement du territoire et éducation), les deux candidats aux élections législatives ont croisé le fer sans aucune invective, campant sur des positions attendues.

Sans surprise, là où Michel Vergnier défend le projet d’un abattoir halal à Guéret, Martial Maume s’insurge contre un abattage « rituel », « illégal », « contraire aux traditions de la France », « cruel pour les animaux ». Un abattage contraire aussi « aux traditions » de la France, selon Martial Maume qui dénonce « des pratiques religieuses en contradiction avec la laïcité » et s’inquiète « de risques sanitaires prouvés ».

Un discours dans la droite ligne du FN contre lequel s’insurge Michel Vergnier qui met en avant le principe de précaution. « Il n’y aura pas d’abattoir halal s’il existe le moindre risque sanitaire et nous sommes entourés d’un cabinet d’étude sur la faisabilité », a-t-il martelé. Pourquoi se priver d’emblée d’un établissement susceptible de créer, selon Michel Vergnier, 60 emplois ?

Jacobin contre décentralisateur

Opposés sur l’abattoir halal, Martial Maume et Michel Vergnier le sont aussi sur l’aménagement du territoire. Au nom de « l’égalité entre territoire », le premier se définit comme un Jacobin contre une décentralisation génératrice de « postes de fonctionnaire », quand le second y voit un moyen d’être au plus au plus près des besoins de la population. Afin de lutter contre la désertification, Michel Vergnier évoque plusieurs pistes : le développement du télétravail et surtout l’instauration « d’un bouclier rural », de zones franches rurales avec des mesures fiscales appropriées. « Oui », rétorque Martial Maume, à condition d’aider prioritairement les TPE, les PME et les PMI et non pas les grands groupes lors des attributions de marchés publics.

Retour aux fondamentaux

Enfin, les deux hommes ne possèdent pas les mêmes priorités sur l’enseignement. Favorable à un retour aux fondamentaux, « lire, écrire, compter », à l’enseignement « chronologique de l’histoire de France », Martial Maume plaide en faveur du retour à l’apprentissage dès 14 ans et « une scolarité au service du travail », quand Michel Vergnier se dit surtout préoccupé de la suppression des réseaux de soutien aux élèves en difficultés et d’aide aux enseignants. Lesquels, par ailleurs, « ne bénéficient plus de formation professionnelle ».
Alors que le gouvernement prévoit la création de mille postes dès la rentrée, Michel Vergnier a indiqué avoir écrit au ministre pour attirer son attention sur la situation creusoise. Sans oublier de mettre en avant son bilan sur l’enseignement supérieur avec la création du pôle domotique et de plusieurs filières universitaires.

 

Source : La Montagne